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Commune de Chouzelot (25440)

 Histoire de Chouzelot - 1914/1918 - 1939/1945

Soldats Français tués au Mont-Gardot – Monument aux morts Cimetière du bas à QUINGEY

F. LAFAY (Rhône) – P. COURTOUX (Nièvre) – N. ROUVET (Nièvre) – F. GAMET (Nièvre) – A. GRANDCLERC (Vosges) – J. BARILLY (Loire Inférieure) – A.C AZIER (Somme) – P. FAIDIDE (Gironde) – A. MORET (Seine et Oise) – J. COLLIN (Meuse) – L. GOIZET (Gironde) – Ch. SARRAZIN (Meurthe) – C. JOLY (Nièvre)

CHOUZELOT
Un lourd tribu pour le village guerre de 1914-1918 :
Louis FAIVRE 25.9.1914 – Paul MENIGOZ 27.9.1914 – Louis PRILLARD 11.10.1915
Louis JOLY 14.10.1915 – Henri PRILLARD 2.3.1916 – Auguste GOY 24.10.1916
Charles SERGENT 12.11.1917 – Ferdinand TRAMUS 13.11.1918
Les martyrs de la guerre de 1939-1945

Cimetière du haut à QUINGEY :
Le long du mur au fond du cimetière du haut, un caveau porte le patronyme « COMPAGNON » où est inhumé entre autres, Jean COMPAGNON de CHOUZELOT, tout jeune mais grand résistant pendant la guerre de 39-45, tout comme sa sœur France COMPAGNON (voir ci-dessous).
Fusillé à l’âge de 22 ans à "la Citadelle">la Citadelle de Besançon, il faisait partie avec Henri FERTET, 17 ans, du groupe FTP (Francs Tireurs Partisans) « Marius Valet » (émanation du Groupe Guy Mocquet). Tous les prisonniers ont écrit des lettres à leur famille avant de mourir, je peux en fournir les photocopies.
Jean et Henri ont écrit chacun une lettre déchirante à leurs parents (Jean en a même écrit deux mais la seconde a été censurée). Celle d’Henri est connue et rapportée dans les livres d’histoire.
Faisaient également partie du groupe : Baltasar ROBLEDO et Saturnino TRABADO, tous deux de CESSEY d’origine Espagnole, arrêtés et fusillés en même temps que Jean COMPAGNON et Henri FERTET, inhumés côte à côte dans le carré militaire de St Claude à Besançon où ils sont restés jusqu’à ce que les familles puissent rapatrier leurs corps.

Cimetière du bas à QUINGEY :
La tombe de France COMPAGNON (dite Jofrette), épouse BRUGUERA, grande résistante pendant la guerre de 39-45, née à CHOUZELOT, emprisonnée par l’ennemi, torturée et déportée à RAVENSBRUCK où elle connaîtra l’horreur dans toutes ses dimensions. Marquée à vie, elle sera le témoin vivant de la barbarie nazie.

Mort et enterré en Silésie :

Charles PRILLARD de CHOUZELOT (né en 1904), cultivateur, déporté pour faits de résistance, décédé le 11.11.1944 au camp de GROSS ROSEN en Silésie.
2 rues de Chouzelot portent les noms de Jean COMPAGNON et Charles PRILLARD depuis 2005.

Les 16 fusillés de la Citadelle à Besançon le 26.9.1943 étaient :
(d’après le livre du Docteur Henri BON Croix de Guerre 1914/1918) :

Raymond AYMONNIN de Larnod né le 7.1.1923 à Larnod Cultivateur 20 ans
(dont la lettre à ses parents a été censurée)

Jean COMPAGNON de Chouzelot né le 24.12.1921 à Chouzelot Cultivateur 21 ans
(dont la seconde lettre a été censurée)


Henri FERTET de Velotte-Besançon né le 27.10.1926 à Seloncourt Lycéen 16 ans

Philippe GLADOUX de Fontain né le 10.01.0925 à Fontain Employé aux tourbières de Saône 18 ans (dont les lettres à ont été censurées)

Jean Paul GRAPPIN de Beure né le 8.05.1922 à Nancy Etudiant en pharmacie 21 ans

René PAILLARD d’Aveney né le 1er avril 1925 à Aveney Cultivateur 18 ans

Paul PAQUERIAUD de Nuits Saint Georges (Côte d’Or) né le 12.03.1908 à Digoin (Saône et Loire) Entrepreneur de maçonnerie 35 ans

Marcellin PUGET de Boussières né le 6.2.1914 à Boussières
Cultivateur et ouvrier à la papeterie de Torpes 29 ans

Roger PUGET de Boussières né le 23.01.1921 à Boussières Cultivateur 22 ans

Marcel REDDET de Pugey né le 17.3.1926 à Larnod Apprenti mécanicien 17 ans

Gaston RETROUVEY de Boussières né le 20.11.1924 à Belfort
Employé à la papeterie de Torpes 18 ans

Georges ROTHAMER de Boussières né le 16.3.1919 à Boussières
Mécanicien en machines agricoles 24 ans

René ROUSSEY de Boussières né le 17.8.1917 à Saint Vit
Instituteur aspirant de réserve 26 ans (dont la lettre a été censurée)

Marcel SIMON de Larnod né le 20.2.1920 à Larnod Cultivateur
23 ans – Chef du détachement « Guy Moquet »

Saturnino TRABADO de Cessey, né le 18.9.1911 à Villadeite Province de Lugo (Galice – Espagne)
Espagnol en exil, Chef de chantier Entreprise de travaux publics de Larnod 32 ans

Baltazar ROBLEDO de Cessey, né le 12.9.1908 à Cedillo Province de Caceres (Estramadure – Espagne) Espagnol en exil, Ouvrier Entreprise de travaux publics de Larnod 35 ans

Ont été fusillés :
à 7H36 : René PAILLARD, Gaston RETROUVEY, Henri FERTET, Marcel REDDET
à 7H56 : Philippe GLADOUX, Jean GRAPPIN, Raymond AYMONNIN, Jean COMPAGNON
à 8H10 : Marcellin PUGET, Roger PUGET, René ROUSSEY, Georges ROTHAMER
à 8H25 : Saturnino TRABADO, Baltazar ROBLEDO, Paul PAQUERIAUD, Marcel SIMON

Détachement Marius Vallet (issu du groupe Guy Moquet)

Inhumés le jour même aux cimetières de Saint Claude et de Saint Ferjeux avec défense d’y ériger aucun monument ou d’y mettre aucune inscription. Mais les tombes des victimes furent l’objet d’un pieux pèlerinage de la part de la population de Besançon et des environs et ne cessèrent d’être couvertes de fleurs.

Lettre adressée à Madame Charles PRILLARD de Chouzelot le 15 juin 1945

Madame,

J’ai la douleur de vous communiquer que votre mari PRILLARD Charles, est mort au camp de concentration SS de GROSS-ROSEN (Haute Silésie) le 11 novembre 1944.
Il avait quitté la prison de Besançon le 1er octobre 1943, jour où nous avons été envoyés à la prison de Fresnes (Paris) en compagnie des détenus Vernot, Roumagère, Oskar, Comte, Nevers et moi.
Le 11 novembre 1943, nous sommes partis pour le camp de concentration SS de NATZWEILER dans lequel nous avons travaillé dans une carrière. Monsieur PRILLARD a attrapé la maladie œdème c'est-à-dire sang devient de l’eau. Les jambes ont commencé à se gonfler grandement.
Le 20 mai 1944 nous avons été envoyés dans un commando de travail. Les détenus Roumagère, Comte et Prillard sont restés en prison pour son état de faiblesse et l’impossibilité de travailler.
Le 28 septembre 1944, Nevers et moi nous sommes rentrés de nouveau à la prison de Briège et nous avons aperçu Prillard dans une fenêtre de l’infirmerie.
Le 21 octobre 1944, on a quitté la prison de Briège et on nous a emmenés au camp de concentration de Gross-Rosen. De la prison de Briège à la gare, Prillard comme Roumagère ont été emmenés dans une petite voiture parce qu’ils ne pouvaient pas marcher.
De la gare de Gross-Rosen au camp de concentration, j’ai eu sur un bras tout le temps Monsieur Prillard Charles parce qu’il ne pouvait même pas se traîner. A la fin j’ai obtenu de le faire monter sur un camion qui a passé près de nous et c’est grâce à ça qu’il a pu arriver jusqu’au camp de concentration.
C’est sur mes épaules que j’ai traîné Monsieur PRILLARD pour le faire passer la revue, visite du docteur, et il est entré immédiatement à l’infirmerie.
Le 11 novembre 1944, le Docteur Maillard, français, nous a annoncé la mort de M.Prillard Charles de Chouzelot, il avait les jambes gonflées et le cœur ne marchait pas, faiblesse et épuisement attrapés dans les camps de concentration SS, par la mauvaise nourriture, régime insupportable des traitements et brimades.
A partir de ce jour, le nom de Prillard Charles a été biffé de la liste de déportés qui appartenait au bloc 10 du camp de concentration SS de Gross-Rosen.
Veuillez, Madame, je vous prie recevoir mes tristes condoléances.

Antonio PEREZ

NB : Charles PRILLARD est né à CHOUZELOT le 19.11.1904. Il est mort à 44 ans presque jour pour jour, le 11 novembre 1944 : comble de l’ironie, le jour anniversaire de l’armistice de la guerre de 14.18.

LETTRES DE JEAN COMPAGNON
Cultivateur à Chouzelot
Né le 24.12.1921
Fusillé à l’âge de 21 ans

1ère lettre
Dimanche 5H40 le 26

Chers parents,

Je viens pour la première fois vous écrire, et malheureusement la dernière. Le tribunal maintient la sentence. Je serai fusillé ce matin. Je meurs le cœur plein de vos adorables images et l’âme tranquille. Je vous reverrai tout là-haut, quand Dieu vous rappellera à Lui. Courage, tel est le dernier mot que je vous dis. Pardonnez-moi de vous faire souffrir ; je ne croyais pas en venir ici. Adieu tous ceux que j’aime et que j’adore, et que je fais souffrir ; adieu tous. Adieu pays natal. Adieu belle France. Je meurs avec l’espoir que mes idées resteront personnifiées, et que vous aurez le courage nécessaire pour les suivre jusqu’au bout.
Dans l’attente que cette lettre vous apporte la tristesse je vous quitte.

Jean COMPAGNON

2ème lettre (censurée)

Adieu à tous. Je meurs pour que vive la France. C’est après avoir été battu deux fois et après avoir souffert physiquement et moralement que je vous quitte, chers parents et tous frères et sœurs que je ne reverrai jamais (quatre ou cinq mots biffés illisibles) Mais courage, confiance (quatre mots biffés)
Adieu à tous. Pardonnez-moi de vous faire souffrir. Ayez autant de courage que moi et Vive la France
Je ne sais quoi vous mettre ; mon cerveau est comme endormi. Je meurs comme tant d’autres malheureusement.
Adieu à tous et à tout jamais.

Jean COMPAGNON

NB : avec Jean COMPAGNON est fusillé le même jour Henri FERTET lycéen bisontin, né le 27.10.1926 à SELONCOURT, il a 16 ans. Sa lettre à ses parents, déchirante, est dans tous les livres d’histoire et sur internet.