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Commune de Chouzelot (25440)

 Un peu d'histoire de Chouzelot

Un peu d'histoire de Chouzelot
Textes et transcription par Gaby Dalmau

 Largement inspirée de la monographie de Louis BEUQUE instituteur à Chouzelot en 1900
 
Les habitants de Chouzelot s’appellent les :
« Chozeloises » et « Chozelois »
(Chouzelot = « Chaseles » ou « Choseles » au moyen-âge)
 
EXTRAITS de la monographie de LOUIS BEUQUE qui reprennent des éléments de la vie de CHOUZELOT du moyen-âge à la fin du 19ème siècle :
 
CHOUZELOT, souvent appelé « Chaselles » ou « Choselles » dans les vieux titres, est d’origine très ancienne et fut pendant fort longtemps dépendante de la communauté de Quingey jusqu’à la fin du 16ème siècle. Son histoire est souvent intiment liée avec celle de Quingey, ville limitrophe.
 
Chouzelot 260 mètres d’altitude (316 mètres au Mont Gardot), fut érigée en commune vers l’an 1600. Le village fait partie du canton de Quingey. Fait partie également par ailleurs de la paroisse de Quingey avec Cessey, Lavans, Pessans, qui eux non plus n’ont ni église ni cimetière (voir l’histoire des cimetières et de l’église de Quingey qui concernent donc également Chouzelot).
 
En reprenant le livre de Francis BAVOUX « la sorcellerie au pays de Quingey » où les procès ont fait rage au 16ème siècle, je vois qu’aucun(e) accusé(e) de Chouzelot ne fait partie des listes macabres, ouf !!!
 
La délimitation du territoire de Chouzelot a été définitivement fixée en 1827. Les habitants de Chouzelot eurent fort à faire pour sauvegarder leurs droits vis-à-vis de Quingey (y compris le Seigneur du Hameau de Malpas), et de ….Cessey, et avec les Révérends Pères Carmes qui possédaient de vastes propriétés dans la commune.
 
Chouzelot a eu jusqu’à 30 hectares de vignoble donnant un vin très estimé. L’activité principale de Chouzelot autrefois, a toujours été la culture (champs, bétail…). Tous les habitants étaient cultivateurs et exerçaient parfois pour certains un métier supplémentaire spécial tel que, au 19ème siècle : 1 forgeron, 1 tonnelier, 3 maçons, 4 couturières, 1 blanchisseuse, 1 instituteur, 1 garde des champs, 2 cantonniers, 1 fromager, 1 employé, 4 rentiers ( !!!! considéré comme un métier ????), 6 pêcheurs.
A propos de la pêche, il s’agissait bien entendu de la pêche provenant de la Loue que les pêcheurs emmenaient au marché de Besançon …………….. à pied. Les femmes portaient les paniers pleins de poisson sur leur tête !!!!! Puis en charrette tirée par des bœufs ou des chevaux, puis en moto jusque pendant la guerre de 39/45.
 
La population :
 
Population de la Franche-Comté au lendemain de la guerre de 30 ans, recensements nominatifs de 1654, 1657, 1666 baillage de Quingey, ouvrage de 1995 réalisé par l’Institut d’Etudes Comtoises et Jurassiennes, Université de Franche-Comté, Faculté des lettres de Besançon, sous la direction de Monsieur François LASSUS ingénieur à l’Université.
 
Pour Chouzelot sont recensés 12 ménages soit 54 personnes :
(procureur : C.NELATON de Quingey)
Louy MERCIER, sa femme, 4 enfants
Clauda BIGUENET veuve de Louis PRESTET, 4 enfants
Denis FRENEY, sa femme, 4 enfants, 1 valet, 1 servante
Pierre PERILLARD, sa femme, 4 enfants
Pierre BAILLOT, sa femme, 1 enfant
Jean BORY, sa femme, 2 enfants
Maître Guillaume DEREY, maréchal, sa femme, 4 enfants
Jean FAIBVRE, sa femme, 4 enfants
Maître Claude, tisserand, sa femme, 1 valet
Pierre DEVILLERS, sa femme, 2 enfants
Simone veuve de Claude FAIBVRE
Denise SIGYRAND, bergère, 1 garçon
 
En 1688 Chouzelot compte 96 habitants
En 1780 401 habitants
En 1800             379 habitants
En 1805 350 habitants
En 1841 307 habitants
En 1851 343 habitants 84 maisons
En 1861 316 habitants
En 1872 307 habitants
En 1881 281 habitants
En 1891 264 habitants
En 1899 87 maisons
 
Infécondité, émigration des jeunes vers la ville et épidémie en 1855 due aux très mauvaises conditions d’hygiène de vie par rapport à l’eau surtout, le fumier devant les maisons, les écoulements dans les rigoles des rues, qui décima la population……. sont vraisemblablement des explications à la baisse du nombre d’habitants, de moitié presque en un siècle.
 
Impossible à ceux-ci d’établir d’avance un budget familial car à chaque instant tombent de nouvelles impositions plus ou moins régulières sous lesquelles ils succombent déjà. Les démêlées avec les Révérends Pères Carmes sont fréquentes.
 
1780 – Les familles – Patronymes :
 
GOY JOLY LAMBELIN FAIVRE BARILLOT PAGE PRILLARD MOUREY VAUTHIER BAILLY COMPAGNON FRENEY GUYNET (devenu GUINET je pense……) LANDRY JAILLARD MERCIER
 
1780 – Les patronymes disparus :
 
BAVEUX BEAUFILS MOULET GROSJEAN PARIS GRANDPERRIN FIAT JEUNET RAGOT GRABY CHALON DONONAL NELATON BONNET CAUBET VOIRESON DEMOLOMBE CHAVOT REYNAUD DAVID DENIS LAMBERT AMOUDRU BORY PONCET NICOLIN TOUTENUE RAMEE CHANET BOUCHEE COURBET BERTRAND RETROUVEE CHAUVIN MAIRE CHAPUT GAILLARD BAILLOT HUMBERT FAULE PECEZ FREJOT JOVINET TONOT
1780 – Les nouveaux patronymes :
 
BUISSON CACHOT CAMUS CARREZ COMTE DESARNEAUX GACHOT JUILLERAT LETONDOR MARLE MENIGOZ PAGE PANSARD PISTOLET SERGENT TOURAISIN TRAMUS VITTE
 
1780 - Surnoms et sobriquets :
 
grenadier, la mine, la religieuse, roland, la gigue, cadet, capion, la brigade, cabry, coulot, cavalier, favichon, le sergent, canquet, jean-coula, carteau, batroute, mal tourné, la landignon, le cor, joubet
 
Tout le monde parlait un patois sans particularité.
 
Il existait à CHOUZELOT, un droit d’habitantage : il fallait être autorisé par les notables après enquête portant entre autres sur les mœurs, puis vote, à habiter à CHOUZELOT.
 
Il n’y a jamais eu de débit de boissons à CHOUZELOT.
 
Le lieu de rassemblement était la maison FRENEY au centre du village où tout le monde se retrouvait pour discuter.
 
Donnaient lieu à des festivités au 19ème siècle : la fête nationale du 14 juillet, la fête patronale de la SAINT MARTIN en novembre (patron de la paroisse de Quingey), les fêtes des villages avoisinants où tout le monde se rendait, et la CHEVANNE :
 
le jour de carnaval (mardi gras), les jeunes gens dressent un mât, un arbre, en un endroit quelconque. Ils confectionnent ensuite un mannequin qu'ils promènent dans le village, tout en faisant la quête dans les maisons. Le soir venu, on attache le mannequin au faîte de l'arbre, celui-ci habillé de haut en bas de buis et de genevrier enduits de pétrole. A l'heure fixée, les mariés de l'année, accompagnés de la foule, viennent se ranger autour de l'arbre et le plus jeune couple met le feu à la chevanne. Tandis que celle-ci se consume, la foule crie sa joie à pleins poumons. La fête se termine par un banquet organisé avec le produit de la quête et auquel prennent part seulement les jeunes gens qui ont préparé la chevanne.
 
L’école :
 
Aux 17ème et 18ème siècles les enfants allaient à l’école à QUINGEY.
Le premier maître d’école est nommé à CHOUZELOT en 1801 :
Nombre d’élèves : 53 en 1860
27 en 1864
38 en 1868
35 à 45 entre 1870 et 1890
40 en 1899
A la fin du 19ème siècle, ce sont des enfants de Quingey qui viennent à l’école de Chouzelot ?????????
Moyenne de fréquentation de l’école dans l’année : 7 mois de 1890 à 1898 : les enfants sont retenus par les parents pour les travaux de la maison et surtout des champs.
Cependant, en 1898, tous les adultes de Chouzelot savent lire et écrire.
 
Une bibliothèque scolaire est créée en 1881 grâce à la générosité du Docteur BUHON de QUINGEY, entre autres, bienfaiteur de l’hospice de Quingey (voir livret sur les Sœurs de la Charité Hospice de Quingey 1861-1980). La bibliothèque compte 92 volumes en 1899.
 
Actes de courage et de dévouement – dons :
 
J.Joseph PRILLARD dit la Pomme sauve 2 personnes de la noyade en 1856 inondations de la Loire
Louise VERNIER : consacra pendant 15 ans son temps, ses soins et sa fortune aux malades, aux infirmes et aux pauvres. Une bienfaitrice pour Chouzelot.
Madame COURVOISIER en 1864 fait don de 40 fr à la commune
Madame Veuve BAILLY née COMPAGNON en 1879 fait un leg pour l’hospice de Quingey pour soigner les vieillards infirmes ou malades de Chouzelot. Ils sont au nombre de 15 en 1898.
 
Pâtre communal jusqu’en 1820 : payé par la commune, il est chargé de garder les bêtes dans les champs dont il a l’entière responsabilité, son travail fait l’objet d’un contrat.
 
Fromagerie : elle ouvre en 1838 pour la fabrication du gruyère mais ferme après quelques années, le lait est alors dirigé sur Quingey.
 
Elle rouvre à Chouzelot en 1850 (salle des fêtes aujourd’hui). 1/3 du lait vient de Quingey qui n’a plus de fromagerie. Prix du lait de 1850 à 1899 : entre 0.71 fr et 0.139 fr
 
Syndicat agricole :
 
Il voit le jour le 8.1.1899 grâce à un homme d’initiative Jacques Jules PRILLARD. Le syndicat fonctionne en association avec Quingey. Le 17.3.1899 il compte 75 membres, la cotisation est à 0.50 fr. Se constitue alors une CAISSE D’ASSURANCE MUTUELLE contre la mortalité du bétail. Elle compte 52 membres pour 277 têtes de bétail représentant un capital de 97100 fr.
 
En 1892, il y a à Chouzelot 75 chefs d’exploitation dont 1 fermier pour 315 hectares de propriété avec une moyenne de 4 hectares par exploitation.
 
Les ouvriers agricoles sont rares mais le machinisme n’a pas encore fait son apparition, les engrais chimiques sont inconnus dans la commune.
 
Bois communaux et terrains communaux en 1743 :
 
Les bois
 
Ils couvrent 108 hectares lieux-dit : la Madelon, Gros Bois, Chantelibas, Confetimini, Mont-Gardot. On y trouve des chênes, des charmes, des hêtres, des frênes, des érables. Les bois sont très protégés. De lourdes peines et amendes sanctionnent les contrevenants.
 
Les terrains
 
Ils couvrent 144 hectares : aux Chèvres, Sous Chantelibas, les Chanots, le Fougeret, les Essarts d’Humbert, les Chevaucheux, les Justices, le Crêt, la grande et la petite Chaux, le grand Mont-Gardot, les planches Mont-Gardot, les Essarts Thomas Clerc.
 
Péage :
 
Jusqu’au 13.3.1849 il existe un péage sur la route de Besançon, à Quingey, à l’entrée de Chouzelot.
 
La poste :
 
1832 : le facteur passe tous les 2 jours. Il passera tous les jours à partir de 1844.
 
L’eau : un grand sujet de préoccupation pour Chouzelot :
 
Jusqu’en 1780 il existe un seul puits banal en haut du village pour l’eau potable. 3 ou 4 puits privés
1780 : un nouveau puits communal est construit au milieu du village
1802 : l’ancien puits est remis en état. Achat par la commune du droit d’user d’une fontaine d’une propriété privée.
1857 : le Maire M.Courvoisier transfère le puits communal sur un de ses terrains pour trouver de l’eau de source
1899 : 3 puits communaux, 33 puits particuliers qui puisent l’eau de la Loue, de meilleure qualité que l’eau de source douteuse.
 
Le 20ème siècle sera encore marqué par le problème de l’eau à Chouzelot (comme à Cessey)
 
Ce 20ème siècle à Chouzelot, je ne le décrirai pas aujourd’hui car je manque d’éléments et je souhaiterais qu’il me soit raconté par les anciens de Chouzelot. Ce 20ème siècle, je l’ai évoqué avec un natif de Chouzelot, Robert GUINET parti s’installer à Cessey en 1950. Voici des extraits de son récit car il y a de nombreux points communs entre la vie des Chosellois et Choselloises, Ceyssois et Ceyssoises entre lesquels les unions ont d’ailleurs été nombreuses :
 
C’est avec une certaine émotion que je me suis rendue le 11 mars 2007 au domicile de Robert GUINET 27 grande Rue à CESSEY. Je savais en effet, que j’allais rencontrer une « vieille figure » de Cessey comme on dit, ou un « ancien ». Le but : recueillir des souvenirs, des émotions, évoquer la vie d’autrefois à Cessey (…).
 
Et Robert, casquette à petits carreaux sur la tête, a totalement répondu à mon attente, dans cette petite salle à manger / chambre à coucher de son ancienne ferme, à laquelle on accède par la cuisine, les 2 pièces au plafond bas étant séparées par une porte en bois avec « ticklet » qui me rappelle mon enfance. Toute notre conversation sera bercée par le va et vient du balancier de la pendule comtoise et les sonneries de quart d’heure en quart d’heure.
 
Robert est né le 10 janvier 1928 à Chouzelot. Il s’est marié le 18.07.1953 à CESSEY à Louise PASTEUR née le 10.2.1921 à CESSEY, épouse hélas bien trop tôt décédée le 24.7.1973.
 
Robert s’est installé à Cessey en 1950 pour exploiter une ferme : culture, élevage, vaches laitières. Il fabriquait lui-même son beurre qu’il descendait vendre à Quingey, entre autres à ma grand-mère (Gabrielle GUINCHARD), épicière jusqu’en 1958, Rue des Salines en face de la quincaillerie Dody. Robert et son épouse ont eu 6 enfants : une fille née en 1954, un garçon né en 1955, une fille née en 1956 et …………………….des triplés, 3 garçons, nés en 1964, un sacré évènement dans le coin !
 
La vie était certes dure, les journées très longues, les nuits très courtes en particulier au moment des moissons, mais cette vie, même si les conflits et les histoires de village étaient parfois rudes, elle était riche d’une valeur trop souvent disparue aujourd’hui : la communication, la transmission du savoir et de la mémoire, qui se faisaient tout naturellement au cours des veillées, ou en rentrant les bêtes le soir, ou assis sur le banc devant la maison. Tout le monde était à pied, pas de télévision, on discutait.
 
Difficile à faire aujourd’hui avec un nombre incalculable de voitures qui passent à toute allure dans la rue principale, cette rue qui, jusque dans les années 1965 était un « cul de sac ». En effet, l’accès aux Champs du Fourneau ne pouvait se faire qu’à travers champs, par un sentier qui s’est transformé en chemin caillouteux, en tout état de cause praticable uniquement à pied ou à la rigueur en vélo.
 
Ma grand-mère (1893-1973) disait : « Cessey c’est le dernier village du monde parce que le bon Dieu a dit : après Cessey, c’est assez ». Différentes « formules » de ce dicton existent qui ont toutes la même signification.
 
Pour dire si en 40/50 ans, les choses ont bien changé !
 
Un autre jeu de mots avec 3 villages du canton m’est donné par Robert : « Cessey le Fourg By ».
 
Pour en rester un peu aux années 50/60, je rappelle souvent que l'oncle de Grenoble qui venait avec son épouse et des cousins, depuis Grenoble en voiture ( !), nous emmenait mes frères et moi faire un tour de voiture, récompense suprême, sur la RN83 en direction de Besançon. Il s’arrêtait au bord de la RN à peu près en face de Cessey et on passait un moment à jouer au bord de la route…………………..Comme on jouait dans la rue des Salines à Quingey au ballon, aux patins à roulettes, à la corde à sauter etc…….Difficile à imaginer n’est-ce pas les jeunes ???? Même à Cessey ce n’est plus imaginable !
 
Le père de Roland Poncet né en 1898 et qui était Cessois, a vu passer sa première automobile en 1903. Il s’était alors écrié : « mais elle va vite, et elle roule « sans » chevaux !!!! ».
 
C’est en 1965 que le groupe scolaire Charles Belle a ouvert ses portes à Quingey et que Cessey a perdu son école, malgré la forte mobilisation des gens de Cessey qui avaient proposé d’adopter des enfants de l’assistance publique pour empêcher la fermeture de l’école. Rien n’y a fait. Avec le recul et ce que l’on sait aujourd’hui de la pollution engendrée entre autres, par les véhicules, on peut se poser certaines questions quant aux transports scolaires dans le cadre de la protection de l’environnement et de la fatigue imposée aux enfants !!!!! Trop tard hélas !!!!!
 
C’est aux environs de 1970/75 que la route a été ouverte et goudronnée pour mener aux Champs du fourneau. Ca a été le début de ventes de prairies en terrains à bâtir, en particulier par Jean GRANGEOT des Champs du fourneau.
 
Cessey n’ayant ni église ni cimetière, le village fait partie de la paroisse de Quingey avec Quingey, Lavans, Pessans, Chouzelot. L’histoire de l’église et des cimetières de Quingey est donc également celle de Cessey, les livrets écrits sur ces deux sujets donnent de nombreux et précieux renseignements que je vous proposerai de parcourir ensemble tout à l’heure (…)
 
Comme on le pense, à juste titre d’ailleurs, l’activité principale de Cessey a été de tout temps l’agriculture. Il reste aujourd’hui un seul exploitant agricole à Cessey. Des agriculteurs de Chouzelot et Courcelles exploitent certaines terres (…)
 
Activité principale l’agriculture certes, mais qui aurait pu soupçonner que 2 autres très grosses activités ont fait vivre des familles de Cessey jusqu’au début du 20ème siècle pour la première, jusqu’après la guerre de 39/45 pour la seconde :
 
Tout d’abord : la vigne (et les vergers)
 
Tous les coteaux du haut de Cessey étaient couverts de vigne, de même les coteaux à droite de la route de Courcelles. Hélas, mille fois hélas, comme dans de très nombreuses régions de France, le phylloxéra au début du 20ème siècle a fait les ravages que l’on connaît et la vigne n’a pu être replantée, tout du moins à l’échelle de ce qu’elle était. Déjà en 1915, des orages de grêle épouvantables avaient tout détruit (dixit Héloïse BAILLY née en 1895 – épouse CLERC puis FIAT).
 
Les murets en pierres dont il reste des vestiges dans certains champs, étaient construits par les anciens pour délimiter les propriétés (les pierres provenaient du « dérochage » des champs).
 
Et ensuite : la pêche.
 
De nombreuses familles de Cessey (par exemple les Fiat, les Poncet, les Pasteur etc….), avaient comme activité principale la pêche dans la Loue et ils partaient, à pied, vendre leur poisson au marché de Besançon. Les femmes portaient un panier plein de poisson sur la tête comme l’ont raconté à Roland Poncet, son grand-père né en 1856 et sa grand-mère née en 1877. Ils traversaient la Loue avec leur pêche, chargeaient les poissons sur des charrettes qui attendaient sur la route de Besançon en face de Cessey, et en route pour la ville !!!! Les charrettes étaient celles entre autres, du grand-père et de l’arrière-grand-père de Robert : Jean-Baptiste Guinet 1816-1891, Mathias Guinet 1866-1943, tous deux de Chouzelot.
 
L’activité a cessé pendant la guerre de 39/45 et a repris après la guerre : Paul Guinet et Claude Prillard de Chouzelot étaient, eux, motorisés : ils emmenaient le poisson en moto ! (…)
 
Comment étaient « ravitaillés » les gens de Cessey autrefois ?
 
Avant tout, rappelons que les personnes vivaient en grande partie en autarcie : produits de la ferme et du jardin, des vergers etc…. qui étaient transformés, conservés, gardés dans les greniers qui fleuraient bon les pommes, les noix, les noisettes, les poires…….. Les femmes cousaient, tricotaient, crochetaient : les vêtements, les rideaux, les nappes etc…
 
Pour le reste, comme partout, il y avait d’une part les colporteurs.
 
Par ailleurs, des commerçants appelés aussi négociants, de Quingey, faisaient des tournées, tournées tout d’abord avec une charrette tirée par des chevaux (les PIDON, les MONANGES, de Quingey par exemple, de la famille de ma grand-mère qui a participé à ces tournées), puis avec les camions comme ceux des 4 fils DODY de Quingey : quincaillerie, chaussures, confection etc……
 
J’ai fait les tournées avec Maurice DODY, j’en garde des souvenirs merveilleux : assise avec ma cousine sur le moteur à l’intérieur de la cabine avec des bassines, des casseroles etc…. qui envahissaient tout l’espace. On s’arrêtait le midi le long d’un champ pour manger avec les agriculteurs. Car Maurice comme ses frères, allait trouver les cultivateurs là où ils étaient, et les dames venaient lui acheter ce dont elles avaient besoin, « au cul du camion ». Tout le monde se connaissait, partageait les joies et les peines.
 
Mon arrière grand-père Stanislas DODY (1858-1939), était cordonnier à Quingey (original pour un homme qui était arrivé pieds-nus à l’âge de 20 ans à Quingey, depuis Echay). Lui aussi faisait des tournées : il partait régulièrement de grand matin, à pied, avec les godillots réparés autour du cou et il rentrait le soir avec les godillots, à réparer, autour du cou. Ma grand-mère (sa fille) me racontait qu’il faisait des tournées de plus de 50 kms parfois : Quingey, Cessey, Courcelles, Goux, Palantine, Echay, Myon etc…….C’est lui aussi qui a fait amener la première moissonneuse-batteuse à Quingey, il a failli se faire lyncher !!!
 
Et en ce temps là, on savait aussi marcher pour faire la fête : une fois par an, c’était la fête du village à date fixe bien précise (par exemple, à Quingey, la Saint Martin en novembre et surtout la fête d’été le dernier dimanche d’août). Les familles se recevaient à tour de rôle et il n’était pas rare de se retrouver des tablées de 30/40 personnes, c’était un évènement. Et pour participer à la fête, tout le monde partait à pied de grand matin pour se retrouver au village concerné.
 
Mon oncle Jean GUINCHARD né en 1920 à Quingey et qui vit à Grenoble, me rappelle par ailleurs, que les différentes familles de « même origine », se recevaient pour fêter le chef de famille, lors de la « fête du nom » : Saint Marcel, Saint Louis, Saint Juste etc….
 
A Cessey, il n’y avait pas de fête du village proprement dite dans l’année mais par contre, il était de coutume de dire que la fête, c’était le jour de foire à Quingey (1er lundi de chaque mois). Les gens de Cessey descendaient alors à Quingey et faisaient la foire un peu dans tous les sens du terme, nombreux étaient ceux qui remontaient un peu « pompette ». Il y avait alors à Quingey non seulement la foire aux bestiaux sur le terrain de football actuel, mais il y avait également des étales de toute sorte etc…..sur la place et à la halle (devant la tour où est né Calixte II).
 
Intéressant à savoir également : des chanteurs de rue passaient régulièrement dans les villages (les nouveaux troubadours en quelque sorte). Ils chantaient et faisaient chanter sur les places, et vendaient les partitions des chansons. Je dirais que ça a duré jusqu’à la veille de la guerre de 39/45 puisque ma grand-mère avait des partitions entre autres, de Tino Rossi, de Luis Mariano ; elle avait le fameux « temps des cerises » etc…
 
Sans voiture, sans téléphone, sans internet etc…., tout le monde se connaissait, se fréquentait, tout le monde participait aux grandes joies et aux grandes peines de tout le monde. Les mariages (comme les enterrements d’ailleurs), donnaient lieu à de véritables festivités parfois sur plusieurs jours.
 
Les menus étaient copieux, pour preuve, celui du mariage de ma grand-mère (document joint) le 2.5.1914 !!!!
 
En conclusion, je dirais qu’il ne faut pas se prendre à rêver d’une vie d’autrefois qu’on pourrait penser idyllique, ce n’est pas le cas. La vie était dure, la mortalité infantile et des adultes importante, les médicaments pour les pathologies lourdes n’existaient pas, les fléaux étaient nombreux et réguliers, les famines, les guerres etc…..etc….
 
Par contre, oui, on peut regretter qu’aujourd’hui, au 21ème siècle, avec les moyens de locomotion les plus modernes, le téléphone, les portables, internet, l’électro-ménager qui soulage de travaux lourds, les médias radio et télévision qui informent de tout à tout instant, on n’ait plus le temps de se voir, de parler, de transmettre, d’échanger, d’ouvrir des albums photos et de se souvenir.
 
Mais cependant, la majorité des personnes répond présente pour se mobiliser autour de grandes causes ; une prise de conscience importante se fait autour de la sauvegarde de la planète ; la généalogie, donc un besoin de retrouver ses racines connaît un succès énorme et se développe à vitesse grand « V » ; alors, il suffit peut-être de bousculer un peu les choses pour trouver un juste milieu entre avant et maintenant ?
 
Horreurs et désastres des guerres.
 
Comme tous les villages de Franche-Comté, Chouzelot a subi les ravages des invasions dont les suédois, de la guerre de 10 ans, de 30 ans, de la conquête de la Franche-Comté par LOUIS XIV (Voir livret « Causerie Ceyssoise), des invasions de 1814-1815 et a connu des moments forts lors de la tristement célèbre bataille du Mont Gardot pendant la guerre de 1870-1871 contre les Prussiens (voir feuillet annexe).
 
Chozelois morts pour la patrie :
 
MOULET J.Baptiste  1801 Allemagne
PRILLARD Claude  1806 Italie
VAUTHIER J 1807 Allemagne
GROSJEAN François  1809  Figuères près de la frontière espagnole
BARILLOT J.Baptiste  1812 Espagne
JOLY J.Pierre  1830 6ème d’artillerie
GAILLOT Pierre François 1838 Algérie
BOUCHEZ J.Baptiste 1845 Algérie
BAILLY J.François 1846 Algérie
BART Claude 1866 Condé (nord)
BART Louis 1870  Reischoffen Alsace Guerre de 1870-1871
GOY Joseph  1870 2ème légion de marche du Rhône Guerre de 1870-1871
PETIGNY J.Louis 1871 Besançon Guerre de 1870-1871
PRILLARD L  1882 Badoumbé SENEGAL
 
Médaillés de Sainte-Hélène : Soldats ayant servi dans les armées napoléoniennes (Napoléon 1er) et qui étaient encore vivants en 1857 date d’attribution de la médaille :
BAILLY Jean Denis régiment: 54e de ligne période: 1807-1810 et 1815 dossier : 32565
BOUCHEZ Denis Joseph régiment: 101e de ligne période: 1812-1815 dossier : 174451
COMPAGNON Claude François régiment: 12e bataillon bis du train d'artillerie période: 1813-1815 dossier : 32566
FAIVRE Claude Jacques régiment: 12e bataillon bis du train d'artillerie dossier : 174452
HEBERT Charles François Hypolite - grade: sergent régiment: 33e de ligne dossier : 31563
PRILLARD Etienne régiment: 101e de ligne période: 1792-An XI dossier : 31564
Remerciés pour.....
Gaspard GAILLARD Né le 18/02/1686 à Chouzelot - fils de Jean Claude GAILLARD et de Jeanne PRATET
Reçu à l'hôtel des Invalides à Paris le 11/08/1740 - son surnom était Saint Amour
Philippe MOREL (ou MOUREY) Né le 02/11/1707 à Chouzelot (bois de Chouzelot) - fils de Jean Claude MOREL (MOUREY) et de Marguerite VAUTHIER Reçu à l'hôtel des Invalides à Paris le 26/10/1758
Informations recueillies avec l’aimable participation de Philippe RAMEY dont les ancêtres étaient de Lavans :
 
Philippe RAMEY - Généalogiste professionnel - 9 avenue de Montrapon -25000 BESANCON
Tél. : 03-81-82-88-03 - Portable : 06-73-57-87-34
E-mail : rameyphilippe(at)tele2.fr Site internet : http://www.genealogiste-ramey.com/