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À l’occasion du 65e anniversaire de la Libération de Chouzelot par les Américains, la commission Patrimoine a recueilli les témoignages d’habitants du village.

Chaque vidéo dispose de sous-titres en français (à activer dans le lecteur) et d’une transcription complète à lire sous la vidéo.

Interview de Raymonde Prillard (par Gaby Dalmau)

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… Donc, Raymonde, vous êtes née en 1931. Oui. Vous habitez le 4 septembre 1944, pour la date qui nous intéresse, chez vos parents. Chez vos parents, bien sûr. Camille Prillard et René Néfebvre. Oui. Donc, vous habitez à l’époque, ex-grande rue, la rue Charles-Prillard. Oui. Donc, vous êtes mariée à Chouzelot en 1952. Oui. Et donc, on vient vous demander quels sont vos souvenirs de l’arrivée des Américains à Chouzelot. Ils sont pauvres, mes souvenirs, parce que j’étais jeune, j’avais 13 ans. Oui. 13 ans, on se rappelle. Oh, avec tous les malheurs derrière. Oui, d’accord. Bon. Bon.

C’est comme ça. Mais ce que je vais vous dire, c’est que j’étais en Champs-les-Moutons, dans le bas de la côte de Chouzelot. J’étais avec la Janine Juillera. Vous vous souvenez de la Janine Juillera ? Vous vous souvenez de la Léontine, l’aveugle Juillera ? Oui. Bon. Qui était mariée avec… Qui était mariée avec… De Villers. De Villers. De Villers. Oui, oui. Voilà. Oui, oui. Oui, oui. Mais avant, elle était… Bon, elle n’était pas mariée. Bref. Alors, c’est une vieille fille. Bon. Bon.

alors sa soeur était donc venue avec moi et puis mon frère Roger on était les trois Roger et mon frère Cadet moi je ne l’appelle pas comme ça oui oui d’accord d’un seul coup sur le coup des midi, une heure je ne peux pas dire au juste on a entendu les cloches de qui se sont mis à carillonner très très fort on s’est demandé ce qui se passait et puis au bout d’un moment mon frère me dit c’est la Marcelle qui nous appelle qui était en bas du communal enfin on ne connaissait pas bien ça ne fait rien et elle nous crie venez vite redescendez il y a les Américains qui sont là alors mon frère m’en parlait encore hier il me dit on a descendu avec les moutons à toute vitesse on les a fichus ici puisque c’était là qu’on mettait nos moutons dans l’écurie qui était là à côté alors on a collé les moutons dedans il me dit tu ne me rappelle pas ?

non non je ne me rappelle pas de ça il me dit on a collé les moutons en bas puis après on est reparti en bas chez nous quoi il y avait des chars il y avait je ne sais pas quoi puis il y avait les militaires qui étaient là dans les rues on était tout pelot tout bête nous c’est sûr alors voilà c’est tout ce que je peux vous dire mais plus tard quelques jours après mon frère m’a dit aussi que ils ont habité chez mes parents dans la salle à manger et dans la salle à manger c’était les pierres encore les cailloux la salle à manger ils ont habité qui ? les américains ?

les américains les américains n’étaient pas finis alors mon papa leur avait donné des grandes planches et puis là ils ont sur les planches ils mettaient un espèce de lit ils allaient mettre des couvertures c’était des litignants on en avait eu pas mal mais non ils ne se sont pas mis sur des litignants ils devaient être mis carrément comme ça sur les planches dans un sac de couchage c’est parce que c’était comme un genre de matelas puis ils étaient là puis ils ont vécu là quelques temps puis il y en avait d’autres qui se trouvaient dans le parc de où Pascal Guinet non le Pascal Guinet oui Pascal Guinet le fils à Louise Guinet et Jean Guinet là en face chez Guinet les fermes il y avait plein de soldats là aussi il y a des jours suivants on s’est accommodé avec les soldats bien sûr alors à un moment on nous disait allez leur porter des oeufs puis des tomates alors on montait ils avaient un singe ils avaient un petit singe qui était avec eux ils l’attachaient après une branche des arbres de Jean Guinet par le fait et puis le singe quand il nous voyait il avait envie de sauter parce que on allait on avait des moi j’appelle des grès chez nous on appelait des grès qu’on faisait le pain d’ailleurs il y en voilà là-haut alors si tu ne sais pas ce que c’est regarde il y en a ce que c’est comme ça un grès on met la patata on met la patata dedans et ma maman nous donnait ça puis le petit singe il voyait quand on approchait il se disait quelque chose pour moi peut-être il sautait en bas et on se méfiait parce qu’il nous aurait sauté dessus ou n’importe c’était pas rigolo bon alors voilà et bon qu’est-ce qu’il nous donnait il nous était rigolo moi je me souviens qu’il nous donnait des petits biscuits de chez deux leurs biscuits à eux ils nous faisaient cuire un oeuf ils nous faisaient cuire un oeuf je ne sais pas si c’était à la poêle ou je ne sais pas quoi ils nous le mettaient dessus puis ils nous le donnaient à souper c’était les hamburgers il n’y en avait pas deux l’un sur l’autre il y en avait un et l’oeuf cuit dur alors il y en avait un et l’oeuf cuit dur alors que deux millions

Interview de Louise et Jean Guinet — Roland Poncet

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Et puis comme mon beau-père avait fait les cercueils, j’ai dit, mais vous ne les avez pas gardés huit jours. Ah, il me dit non. Il me dit, l’avion est tombé, il ne se rappelait plus du jour, bien sûr. L’avion est tombé tel jour, le lendemain j’ai fait les cercueils avec Marcel Barillot, bien sûr. Et puis on les a mis en bière, on les a descendus à l’église Ariane. J’ai même la photo avec les aviateurs dans les cercueils devant la porte de l’église. Elle est en Alsa, la photo en ce moment.

Et après, ils ont passé la nuit à l’église Avian, et le lendemain matin, ça doit être le père Thurier d’Arkessna, qui devait travailler dans une fromagerie, je crois que c’est Caron, quelque chose comme ça, qui est venu, je crois que c’est lui, je n’affirme pas, mais je crois que c’est lui, qui est venu avec un camion, avec des maquisards, bien sûr, et ils ont pris les cercueils et ils les ont emmenés à l’église à Arkessna. Alors l’avion a tombé le 1er septembre, les gars ont été enterrés le 3 septembre, et les Américains sont arrivés le 4 septembre. Voilà, officiel. C’est proche. C’est proche.

Oui, c’était moche dedans. Enfin, non, si je peux me rappeler, je ne croignais pas que c’était si près de l’arrivée des Américains. Alors les maquisards voulaient absolument qu’ils soient tombés le 28 août. Alors on s’était mordus le nez une fois là au-dessus avec un ancien chef de maquis, qui est devenu bien copain après, parce qu’il a dû de son côté demander les papiers peut-être à la citadelle à Vesenceau, on lui a répondu que l’avion était tombé le 1er septembre. Oui, c’était vous. Et sur leur tombe à Arquestan, c’est marqué 1er septembre. Voilà. C’est vrai. Donc c’est officiel.

Ils n’ont pas été relevé pour le prendre les papiers ? Non, non, non, non. Ils sont restés là. Alors, il y a quelques années, je crois que c’est la femme du navigateur, je crois, qui est morte, qui s’est fait crématiser, et puis je crois que c’est son fils qui a dû apporter l’urne sur la tombe de son bar. Alors, si vous allez un jour là-bas, vous avez les 8 tombes l’une à côté de l’autre, il y en a une où c’est qu’il y a un rond, c’est l’urne de la femme. Je vous dis, sans être sûr, ça doit être le navigateur. Voilà.

Et je trouve que la commune d’Arquestan devrait bien quand même nettoyer un peu les tombes, parce qu’elles ont vraiment besoin. Ah oui ? Ah oui ? Enfin, nous, on était arrivés à 2-3 ans, au moins. Elles seraient à 15h il y a longtemps. Et vous n’avez pas demandé à… Ah ben, il s’en s’appelle. Ah ben, il s’en s’appelle. Oui. Ben si, il y a déjà demandé. J’ai déjà demandé aux combattants d’Arquestan, aux anciens d’Algérie, mais ça dort. Ah. Ils font rien, c’est dommage. C’est dommage. C’est dommage. Oui.

Moi, il y a quelques années, j’ai été à Bayeux, où il y a 4000 soldats anglais d’enterrer là-bas. Bon, il y a un cimetière anglais, où il y en a 4000. Bon, les tombes sont blanches comme ça, bien entretenues. Là, elles sont dégoûtantes, quoi. Elles n’ont jamais eu ni un coup de peinture, rien du tout. C’est dommage, quoi. Ah bon, à ce point-là ? Ben non, tu peux y aller. Elles sont dans le fond du cimetière, là. C’est bien facile à trouver. Mais elles n’ont jamais été entretenues. Vous notez ? Oui, sûr. Ils disaient, ils étaient en train de faire la brinque aux grandes dosselles.

Moi, j’ai dit, c’était bien le moment. Un des responsables de la maquille du coin m’a raconté le truc de l’avion, pourquoi il s’est perdu au-dessus du bois. Et bien, ceux qui étaient chargés d’allumer du feu à goulot, ils faisaient la vraie gaffe. Mais celui qui m’a raconté ça, c’était pas un menteur. Voilà, comme ça s’est passé. Parce que lui, il était responsable avec deux ou trois autres. Il y en a encore. Alors, il y a un avion qui devait parachuter du truc à goulot, là. Il devait, eux, allumer les feux pour définir l’endroit où ça devait l’air. Et il a tourné, il a tourné tout le monde.

C’est lui qui a tourné, il a tourné. Il cherchait les feux. Il cherchait. Alors, tu vois, j’ai jamais entendu parler de ça. Le plafon était bas. Ah, le plafon était bas, parce qu’il faisait un sale qui est en chien, je m’en rappelle. Parce que les maquisards allumaient un feu ici, un feu ici et un feu là. Et l’avion le prenait en ligne et puis il largue son chargement à peu près entre les trois feux. Mais tu vois, je ne savais pas ça. On en apprend tout le temps. Oh, mais tu en apprends encore tout le temps. Alors, tu veux me dire, si ça ne te fait rien, quel coup qu’ils vous ont fait à 15G ?

C’est quand on est allé enlever les drapeaux. Ah, oui, oui, oui, oui. Alors, racontez-moi, quoi ? On était en train de…

Interview de Lucette et Matthias Guinet

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C’est pas grave, parce que là c’était les Allemands, c’était encore tous les Allemands, il n’y avait pas de l’Américain encore là. Mais quand ils ont déposé les corps là… Ah, les Américains n’étaient encore pas là ? Ah non, les Américains n’étaient pas là ! Ah non, non, d’accord. Quand ils ont fait le coup à l’Arnaud… Oui, les Américains n’étaient pas là. Ah non, non, non ! Oui, oui, oui. Ah non, non, non. Je rigole parce que c’est Monin. Monin. Tu l’as connu toi ? Non, je l’ai connu. Tu l’as connu, non. Mais je l’ai connu de…

Eh bien, c’est lui qui voulait prendre la capote de l’Officien Allemand. Et puis, il l’a aimé, pour se sauver par le prix. Puis, il y avait des Allemands partout, ils l’ont tiré dessus. Pardon ? C’était le père Adélie de la Roche. Oui, oui, d’accord, je sais qui c’était Monin. C’était l’oncle de la femme à Malorand, je crois. Voilà, c’est Monin. Je l’ai peut-être vu, certainement. Il avait Maurice Compagnon et l’autre, c’était… Mais non. Attends, attends, qui c’est que tu fais, toi ? Le frère à Maurice Compagnon, à Monin. Le père à la Geoffrey, quoi. Oui, le père de la Fauche, c’était Merde.

Ah oui, mais les Allemands étaient encore là. Les Américains n’étaient encore là. Ah non, les Américains n’étaient pas là. Oui, oui, oui. Ah non, c’était pour les Allemands. C’était encore des Allemands. Ah oui, oui. Et je crois qu’ils ont tous été rendus en Allemagne. Ah ben, c’est possible. Ils les ont rendus. Ils ont dû les rendre en Allemagne. Avant, avant, avant. Ah ben, toi, j’ai cru qu’il était… J’ai déjà entendu dire qu’il était d’Avane. C’était d’Avane ? Oui, c’est lui, Kabouloussmet, le premier tireur, parce qu’ils les ont tirés depuis l’Arnaud jusqu’à Avant.

Le premier tireur, c’était lui. Il a dit, c’est moi, je veux tirer le chef du convoi. Ah bon, non, non. Et c’était qui, vous avez dit, à nommer comment ? Belin. Belin ? Ça doit être même marqué sur le petit monument. Le monument de ? Qui se trouve dans la côte du Comice. Ah, à Palmy ? Non, non, non. En bas ? Sur le bord de la Nationale. Sur le bord de la Nationale. Parce que c’était un jeu d’Avane. C’est lui qui a voulu se mettre… Parce que moi, moi, je fais des gens. C’est lui qui a voulu se mettre. Il a dit, c’est moi, je veux mettre le premier.

Et puis, il a été tué, parce que les Allemands, il n’a pas réussi à les tuer. Puis, il y en a un qui s’est fovilé dans le bois. Oui, puis il l’a tué. Puis, il a sauvé le l’air. Mais ils les ont arrosés aussi de grenades depuis le dessus des rochers. Oui. Alors, tu sais, ils étaient faits comme des rats. Ah ben… Comme des rats. Ah ben oui. 70 ou 80. Oui, ça doit être 70 ou 80 à part. Oui, c’est ça, c’est ça. Puis, ils ont été ramenés à tous. Donc, quand les Américains sont arrivés, ils avaient été ramenés déjà. Ah oui, ils avaient tous… Ils avaient tous été ramenés en Allemagne.

Et vos parents, vos grands-parents, ils vous ont raconté un peu… Enfin, ils vous ont reparlé de cette période-là, non ? Après ? Après, oui. Mais ils n’osaient pas trop en parler parce qu’il y avait tellement d’histoires. Oui, on a dit qu’on a pas en ce temps-là. Puis, surtout à Chouzelot, il y a eu des histoires. Oui, oui, oui. Oh, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là. Je vois, à Bihan, il n’y a pas eu le dixième d’histoires qu’il y a eu à Quingey, puis à Chouzelot. Ah oui, oui. À Chouzelot, il y avait plus d’histoires qu’à Quingey. Ah oui, oui. Ah ben, oui.

Mais à part deux, trois filles qu’on… Ah oui, ben là, si on fait caresser, bon, ça… Ça, c’est autre chose. Ça, c’est autre chose, ça. Mais… Mon bon-père, lui, il ravitaillait le groupe des fées-filles qu’il y avait à poupées. Ah, qu’il y avait à poupées. Ah oui. Ah bon ? Il traversait la loup. Là, dégagé. Il prenait la barque du père Barillot, tu vois, je veux dire. Du père Thémy. Du père Thémy. Du père Thémy, oui. C’est pour ça qu’il a été arrêté, non ? Pisan. Votre beau-père. Ah ben oui. Hein ? Ah ben oui. C’est parce qu’il ravitaillait… Il ravitaillait…

Mais disons, tout le groupe avait été arrêté, non ? À peu près, oui. Oui, oui, oui. Donc, ils ont été dénoncés. Ah ben ! Par quelqu’un, tu vois. Remarque, je veux dire, bien sûr, je ne veux pas dire dix fois sur dix, mais neuf fois et demi sur dix, c’était ça. Ah ben oui. Ils étaient dénoncés. Ah ben ! Il traversait la loup où ? Là. Là. Ah là ! La petite rue, là. La petite rue, là. Oui, la petite rue. On repassera devant, là. Je te montre. Oui, enfin, chez Franchequin. C’est chez Barillon qui habite là-bas, au bout. Ah d’accord.

Ils prenaient la barque du père Barillon, du père Thémy, comme les gens le plaient. Puis ils traversaient la loup, puis après ils repartaient. Ah non. Est-ce pas ? Est-ce pas ? Est-ce pas ? Est-ce pas ? Est-ce pas ? Est-ce pas ? Est-ce pas ? Est-ce pas ? Est-ce pas ? Est-ce pas ? Est-ce pas ? Est-ce pas ? Est-ce pas ? Est-ce pas ? Est-ce pas ?

Interview de Marcelle, René et Raymonde Prillard

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Ils sont venus sur les liens du Congrat. Alors là, ils avaient annoncé quand même parce qu’ils se trouvaient devant les anciens économiques, juste avant la maison qui vient d’être reconstruite, qui a été démolié un soir de 4 ans en juillet, dans le camion de la Versitude. Alors là, il y avait des problèmes aussi parce que, soi-disant que la femme avait collaboré à l’horizontal également en juin 1940, maintenant tout ça, c’était des ondes, hein. Bien sûr. Alors bon, seulement il vivait avec sa soeur et puis son beau-frère.

Et puis le beau-frère, il voulait pas se laisser, il voulait pas s’y s’approcher. Et puis il y avait une espèce de fée fille qui traînait par là, et quand il y a eu un monsieur sur le dos au plein de rassas, en ma fille, il leur crée bien faire preuve d’autorité, il s’approche avec son fusil à la main, vous voyez bien. Voilà le gars, il choque le fusil, il se le fout sur le ventre. Et bien maintenant, c’était pas fainéant, il dit, on lui souvenait, mais vas-y tire, tire. Et l’autre, il tirait surtout sur le fusil pour pas qu’il y prenne, parce que…

Et puis, alors il est donc arrivé Léon Morel en bicyclette. Alors il y avait une foule phénoménale, parce que ça avait grossi la foule, hein. Ah ben oui, ça se bronte. Voilà les Allemands qui viennent pour faire sauter le coup de quinier, il y a un de chat, je sais pas combien, qui se dirige sur quinier. Alors là, c’était là, une volée de monos. Là, tout, tout, tout, tout, tout, tout, tout. Tout le monde est pas lié. Et puis la libération était terminée. Chacun rentre, je serai vu. Et puis. Et puis, alors bien sûr, après dans la nuit, il y a passé des camions.

Oh, je sais pas si j’ai même eu ce jour-là. Parce que ce jour-là, oui. Les chats ont eu l’ordre de repartir. Oh, peut-être d’une heure après, quoi. Pendant que j’étais à quinier. Ma mère était en train de faire jaunir la poule. Elle était loin d’être cuite. Mais enfin, le gars, il a pris la poule quand même. Et puis, il tirait le foie. Moi, j’ai fait tout ça. Parce que ça faisait depuis juin qu’il vous fait des concerts, vous voyez bien. Ah oui, bien sûr. Et puis, ma pauvre, là, bon, mais c’est tout, quoi. Tout le monde était content quand même. Après, il y a passé des troupes.

Mais ça, c’est le pas tout le jour de la libération parce que… Ah oui, ces chats sont montés sur Besançon. Et le char qui était devant chez nous, on a appris après, qui s’était fait démolir depuis la citadelle en arrivant là à Besançon, quoi. Puis après, bon, il est arrivé du monde. Voilà. Voilà la journée de la libération, quoi. Bah, que c’était une journée chargée, là. Ah bah, ça, c’est une journée chargée, ça. Ouais. Et vous rappelez que c’était un lundi de foie ? Ah oui, oui, oui. Lundi 4 septembre, quoi. Ouais, ouais, ouais. Et puis l’avion était tombé à… à moitié.

Dans la nuit, je crois du vendredi ou samedi. L’avant-veille, oui. Oui, oui, oui. Deux, trois jours avant. Voilà. Ouais. Et Marcel, elle se rappelle de quelque chose ? Je me rappelle d’un char qui était des Américains, qui était arrêté devant… vers chez nous. Vers la fromagerie, par là, quoi ? Oui. Oui, oui, oui. Et puis on était montés dessus. On avait… L’Américain nous avait embrassés. Ouah ! J’avais du succès. Ben, ma voix. Ils étaient beaux ? Beauf. Non. Pas plus beaux que les jeunes de choses-là ? Non. Non. C’était des jeunes, quoi. Ben, voilà.

Et Raymond, vous aviez embrassé un Américain aussi ? Ben, non, trois pas. Ah ! Pas de souvenirs de ça. Non, j’étais trop jeune. Ah, oui, voilà. Voilà. Et bien, elle avait 10 ans, quoi. Ah oui. Et vous, Marcel, vous aviez quel âge ? En 44, je n’avais pas 10 ans. Mais oui, j’avais 17 ans. Ah, 17 ans, oui. Elle ne vieillit pas, ce que si ! En 14, elle me dit 10 ans. Et bien, elle a 10 ans. En 44, je n’avais pas 10 ans. Mais oui, j’avais 17 ans. Ah, 17 ans, oui. Ah, 17 ans. Elle ne vieillit pas, ce que si ! En 14, elle me dit 10, après, elle me dit 14. Ça fait 13 ans. 13 ans, ouais.

Ah, ben, elle aime bien les garçons, ça, je l’ai déjà. Ah ! Je ne me rappelle plus la date. La Roche de Valmi, là, quoi ? Roche de Valmi, c’était quoi ? Roche de Valmi, c’était quoi ? Ça, je ne sais pas. Je ne sais pas. Autour du 20, déjà. Autour du 20, déjà. Je peux le retrouver, là, sur le livre. Oui, oui. Oui, oui. Et puis, pendant que, comme fait, surtout l’arrestation de Chers Compagnons, quoi. Et puis, de Tatal. Oui. Ça peut être en même temps, hein. Chers Compagnons, je me rappelle, la date, c’était le jour des Rameaux. C’était en… Oui, en 43. En 43. Oui, en 43. Oui, en 43.

L’après-midi, c’était sur le… Enfin, en fin d’après-midi, au niveau de… Une… Une… Une traction, vraiment, avec des gens civils qui vont faire du village. Puis, j’étais avec mon copain, on était toujours ensemble, avec René Frané, là, Kadom. Kadom, oui. Et puis, elle est montée, bon. On avait vu que c’était des Allemands, mais on ne savait pas ce qu’ils faisaient, là, quoi. Puis, comme une heure descendait pas, avec Kadom, j’étais en… On va aller se promener là-bas, voir un peu… Un peu où ils sont, quoi. C’est là que j’ai arrêté devant… L’autre est arrêté devant chez Jaillard.

Puis, il y avait un gars qui était à côté de l’autre. Puis, il m’a fait les…

Interview de Charles Bailly et Louis Faivre (à la mairie)

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Il y a eu l’école, peu de ça… Mais il y a des souvenirs, on a déjà discuté entre qui, là, des souvenirs. Mes parents, ils me tiennent pas le bras. Je n’ai eu tant que gosse, un peu, moi, je me rappelle, il me faut filer avec mon sang dans les zooms, quoi. Mais on n’était pas les soldats, les gars sourds. Les attraques, les attraques, dans leur peau, les camions, les 4×4, les 6×6, comme j’étais dit l’autre jour. Alors, quoi bien, quoi. Bon, ben, ben, ben, ben, ben, ça s’est passé au bout d’un moment, bien sûr. Quand on est jeune, on est bien… Quand on est jeune.

Quand on est jeune, ben, ben, un gosse… Ben, ben, un gosse est curieux, puis… Ça se profite pas de… Ben, oui. Ben, tu es venu au temps, mais il y a eu 14, quoi. Ben, oui, ben, oui. Il y a eu 15 ans, deux mois après, hein. Alors, oui, qui… Il ne faut pas… Euh… Ben, c’est bon, je me rappelle. Ben, oui. Oui, qui est pour le jour de la libération, quoi. Et vous avez un souvenir des Allemands qui descendaient la côte de Biens, et puis… Oh, oui, oui, oui, oui. Moi, je ne les ai pas vus, mais on l’a su. Je vais vous dire. Expliquons pas toi. Ah, ben, vous, on attendez.

Pas d’effoucrement, en tant que… Arrête, arrête. Oui, oui, il y a eu un temps. Il y a eu… Ben, je ne sais pas si il y a eu au Bas du Blaise, Ou ben, si il y a eu… Parquet d’Arriche-Uno, au Bordeaux, ou ben… Ben.